Mon proche nie avoir des idées suicidaires
Par Germaine Bacon ⋅ 21 août 2025
Quand nous sentons dans nos tripes que quelque chose ne tourne pas rond, nous devons écouter notre corps plutôt que cette voix qui nous dit qu’on s’inquiète probablement pour rien.
Je lui ai demandé s’il avait des idées suicidaires.
Mon proche ne va pas bien depuis des mois. J’ai pris mon courage à deux mains et je lui ai posé franchement la question :
« As-tu des idées suicidaires ? »
Il nie en bloc. Je fais quoi ?
1. Je ne lui dis surtout pas :
« Ouf, je suis soulagé, j’avais tellement peur que tu songes au suicide ! »
Pourquoi ?
Parce que si votre proche ne vous a pas dit la vérité,
l’expression de votre soulagement mettra fin à la conversation.
Votre proche se fermera comme une huître et il ne vous dira plus rien.
Il est peut-être bien trop anxieux pour vous dire le fond de sa pensée.
2. Je modifie légèrement la formulation de ma question et je lui demande :
« Si tu avais des pensées suicidaires, serais-tu d’accord pour m’en parler ? »
3. Et s’il me répond :
« Non, certainement pas ! »
4. Je lui demande de m’expliquer pourquoi.
Souvent, c’est la peur d’être hospitalisé ou d’avoir affaire à la police qui est invoquée.
5. Je dissipe ses craintes :
« Tu sais, les pensées suicidaires en elles-mêmes ne sont pas un motif d’hospitalisation.
Et une hospitalisation n’est justifiée que dans des cas extrêmes.
Quant à la police, je ne l’appellerais que si tu avais une arme et que tu menaçais de t’en servir. »
6. Je lui redemande de me faire confiance :
« Si un jour tu venais à avoir des idées suicidaires, promets-moi de m’en parler ! »
« Tu ne devrais pas gérer une telle épreuve tout seul. »
7. J’écoute ce que mon proche consent à me confier. Et je l’encourage avec douceur à me donner le plus de détails possible sur ses ressentis.
S’il ne me répond pas ou qu’il me dit d’un ton sarcastique :
« Mais tu rêves ou quoi ? Tu crois vraiment que je te le dirais si j’avais des idées suicidaires ? »
8. Je cherche à savoir ce qui l’empêche de se livrer :
« Je ne veux pas te forcer à me dire quoi que ce soit, j’aimerais juste savoir pourquoi c’est si difficile pour toi d’évoquer le sujet ? Qu’est-ce que je pourrais faire pour que ce soit plus facile ? »
9. J’écoute avec attention sa réponse :
« Je n’ai pas de pensées suicidaires, mais si c’était le cas,
je ne t’en parlerais pas car tu penserais que je suis fou. »
10. Je réagis avec douceur :
« Les personnes qui ont des idées suicidaires ne sont pas « folles ».
Elles essaient juste de régler un problème.
Si tu avais des pensées suicidaires, je ne penserais pas une seconde que tu es fou.
J’en parlerais avec toi et qu’avec toi, et je ferais tout pour t’aider. »
« Promis, juré ? »
« Promis, juré ! »
« Eh bien, je peux te le dire maintenant. Je ne pense pas sérieusement à la mort,
sauf quand je suis très stressé. Mais de là à aller jusqu’au bout, non, je t’assure que non ! »
Et de fil en aiguille, votre proche se met à évoquer des idées qu’il niait avoir eues quelques minutes plus tôt.
Source : Loving Someone with Suicidal Thoughts, What Family, Friends, and Partners Can Say and Do, Stacey Freedenthal, New Harbinger Publications, Inc. 2023 (extrait traduit en français par Germaine Bacon et publié avec l’aimable permission de Stacey Freedenthal).