Ils ne plaisantent pas avec ça…
Par Germaine Bacon ⋅ 4 septembre 2025
Je marche dans les rues de Toulouse avec mon amie C. On ne s’est pas vues depuis un moment. On papote, on se raconte les nouvelles, le quotidien. Rien de bien grave.
C me parle de ses fils. Je l’écoute. À un moment, elle me dit :
« Tu sais, l’autre jour, M. a découvert une tique dans son cou. »
Elle raconte que le pharmacien a immédiatement envoyé son fils chez le médecin. Pas d’hésitation. Pas d’attente. Il a eu un rendez-vous dans la journée.
« Ils ne plaisantent pas avec ça. » me dit C.
Non, bien sûr. Les tiques, c’est dangereux. La maladie de Lyme, ce n’est pas rien.
Même si elle ne tue pas souvent, elle peut, quand le cœur est touché, être mortelle.
Ce sont des cas extrêmes, mais le mari de l’une de ses amies en est mort.
Et là, tandis que C me parle de ses fils, forcément, je pense au mien.
Mon fils aussi a connu cette urgence. Ce danger. Mais ce n’était pas une tique. C’était un appel au secours.
Une tentative de suicide.
C’est grave ça aussi, non ? On ne devrait pas plaisanter avec ça.
Et pourtant.
Mon fils, lui, n’a pas eu de rendez-vous dans l’heure.
Ni dans la journée.
Ni même dans la semaine.
« Normal », me diront certains. Il ne voulait pas être aidé. Il était majeur. Majeur et suicidaire — comme si ces deux mots réunis formaient un obstacle, une impasse, un verdict.
Et au bout du compte, vous savez quoi ?
Mon fils en est mort.
Et moi, je ne plaisante plus avec rien.