Dr P Pichit : Crises d’épilepsies à manifestation psychique
Par Germaine Bacon ⋅ 1 septembre 2025
Il n’y a pas une épilepsie mais des épilepsies.
Il y a de nombreuses formes de crises, de causes de crises et de dates de début des crises. On peut commencer à être épileptique à 5 ans comme à 35 ans comme à 50. Et quel que soit l’âge de début, il faut savoir qu’on n’est pas forcément épileptique à vie.
L’écrit qui suit, je l’ai récemment découvert sur le site de L’École Pratique des hautes Études en Psychopathologies (EphEP). Daté du 12 octobre 2019, l’article du Dr PICHIT commence ainsi :
« Bonjour. Je suis neurologue, je travaille à la Pitié-Salpêtrière dans l’unité d’épilepsie et de l’EG (électroencéphalographie). On m’a demandé de vous faire une présentation sur les crises d’épilepsie et les manifestations psychiques. Je suis très spécialisée dans l’épilepsie, c’est un sujet que je trouve passionnant parce qu’il y a effectivement énormément de manifestations qui peuvent prêter à confusion et que les gens ne connaissent pas toujours, y compris les neurologues.
Je vais donc faire une petite introduction pour vous rappeler les bases de ce qu’est une crise d’épilepsie, une maladie épileptique. Puis, je vais traiter en trois points : les manifestations psychiques pendant une crise d’épilepsie, les manifestations psychiques après une crise d’épilepsie et les manifestations psychiques qui ne sont pas épileptiques mais qui ressemblent à de l’épilepsie et qui peuvent prêter à confusion. »
Certaines manifestations prêtent à confusion
Je remercie le Dr Pichit pour cet article et j’invite tous les neurologues à lire la suite. Mais auparavant, je souhaite expliquer pourquoi l’écrit du Dr Pichit me touche autant.
En 2020, en plein confinement, mon fils avait subitement perdu connaissance dans le jardin. Le voisin avait été témoin de sa chute et l’avait aidé à se relever. La perte de connaissance n’avait duré que quelques secondes. Il avait consulté son médecin généraliste qui l’avait orienté vers un neurologue.
J’avais fait des recherches sur Internet et cru bon d’envoyer un mail au neurologue en question pour lui parler des difficultés psychiques de mon fils. Mon but n’était pas de lui dicter un diagnostic mais de lui donner des informations pour l’aider à poser le meilleur diagnostic possible. Ce mail, le neurologue ne l’a jamais lu ou n’en a tenu aucun compte.
Il existe des crises non-épileptiques psychogènes
Je n’avais pas encore lu l’article du Dr Pichit. Mais j’avais découvert l’existence de crises non-épileptiques psychogènes (CNEP) très similaires à celles des patients épileptiques mais pour lesquelles on ne retrouve pas d’anomalie électrique dans le cerveau. Une fois de plus, mon fils a raté une belle occasion d’accéder à des soins adaptés.
Longtemps, nous avons eu un médecin généraliste, aujourd’hui à la retraite, qui ne supportait pas qu’on lui parle de ce qu’on avait pu lire sur Internet. En deux temps, trois mouvements, il me coupait le sifflet en m’assenant son proverbe préféré :
« Chère Madame, chacun son métier, et les vaches seront bien gardées. »
C’était il y a 15 ans. Depuis, les choses ont bien changé, et de plus en plus de médecins s’appuient sur l’IA au quotidien.
Pour lire la suite de l’article du Dr Pichit, cliquez ICI. Et surtout, lisez le jusqu’au bout, en hommage à mon fils et à tous ces jeunes, qui n’ont pas eu la chance de croiser un médecin suffisamment conscient de l’intérêt d’écouter les proches.