Reconnaître les signaux d’alerte
Par Germaine Bacon ⋅ 16 octobre 2025
Signaux émotionnels
Votre proche est plus irritable que d’habitude ? Il pleure pour un oui ou pour un non ? Et il perd pied à la moindre contrariété ? Si ses réactions sont disproportionnées par rapport à la situation. Inquiétez-vous ! De telles réactions reflètent peut-être un épuisement émotionnel. Apathie, froideur, détachement sont parfois des mécanismes d’adaptation qui permettent de faire face à un stress écrasant. Non pris en charge, cette forme de détachement peut conduire à une crise où la personne se sent déconnectée non seulement des autres, mais aussi d’elle-même.
Signaux physiques
Les crises de santé mentale peuvent également se manifester par des symptômes physiques. En fait, Les maux de tête, les maux d’estomac, les tensions musculaires, la fatigue et même les douleurs thoraciques peuvent tous être des signes de stress chronique ou d’un problème de santé mentale sous-jacent. Souvent, ces symptômes ne sont pas pris en charge ou sont traités isolément, sans tenir compte de la possibilité qu’ils puissent provenir d’une détresse émotionnelle ou d’une tension psychologique.
Niveaux d’énergie
Les personnes souffrant de détresse mentale peuvent également connaître d’importants changements dans leur niveau d’énergie. Elles peuvent se sentir constamment épuisées, même après avoir suffisamment dormi, ou, à l’inverse, être surexcitées et incapables de dormir. Certaines personnes signalent également des difficultés respiratoires, des palpitations cardiaques ou des vertiges, des symptômes qui peuvent ressembler à ceux d’une maladie physique, mais qui trouvent leur origine dans l’anxiété ou la panique.
Le témoignage de Constance
Invitée dans l’émission « Un dimanche à la campagne » de Frédéric Lopez, l’humoriste Constance raconte :
Je viens d’une famille où ma grand-mère avait un trouble bipolaire. Elle avait fait de la dépression toute sa vie. Elle s’est suicidée. J’ai entendu toute ma vie qu’elle était folle. La fatigue, c’était tellement pas possible pour moi de l’admettre que je vais l’ignorer jusqu’à ce que mon corps ne réponde plus. J’arrête la télé. Je retourne sur scène et de nouveau, mon corps dit stop. (…) En fait, je n’arrivais plus à respirer.
Et ça faisait un moment que je forçais et je disais à la toubib :
“ je crois que je fais de l’asthme”.
Donc, elle me filait de la ventoline1.
Mais en fait non, ce n’était pas de l’asthme mais une crise d’angoisse. Mais je ne le savais pas à l’époque. Donc, je suis sur scène, je ne peux plus respirer et je tombe par terre, et je pleure, je pleure. Le régisseur ferme le rideau et met une musique d’ambiance. Et je pars en coulisses, secouée de sanglots et possédée de tristesse.
Et Ahmed Sylla, qui jouait après moi, croit que quelqu’un sur scène m’attaque. Du coup, il arrive pour me défendre et me demande :
– Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe ?
Et je lui dis :
– Ils m’ont tuée Ahmed. Ce métier m’a tuée. Regarde dans me yeux, il n’y a plus de vie, je suis morte.
Et Ahmed va retourner sur scène et expliquer au public ce qui se passe :
“je crois qu’elle est un peu fatiguée.”
– Ahmed m’appelle, le public m’appelle. Je retourne sur scène et je dis aux gens :
« je ne sais pas si je vais me suicider ce soir, mais ce métier me tue. »
Personne n’a demandé à être remboursé.
1 Cette histoire m’a émue aux larmes car mon fils aussi avait du mal à respirer et son toubib lui prescrivait de la ventoline, comme s’il avait de l’asthme. Et chez lui non plus, ce n’était pas de l’asthme.