Sonder la profondeur de la détresse suicidaire

Il est essentiel d’aborder de manière directe la question du suicide avec un patient.
Mais il est tout aussi important de comprendre qu’une réponse, même honnête, ne reflète pas toujours la véritable intention suicidaire.

Certaines personnes peuvent minimiser ou dissimuler leurs pensées suicidaires — parfois par peur d’être jugées, hospitalisées, ou à cause de mécanismes de défense inconscients. La stigmatisation joue aussi un rôle dissuasif.

Pour accéder à une compréhension plus fine, il est nécessaire de creuser au-delà des mots, en explorant plusieurs dimensions concrètes :

  • Le patient a-t-il envisagé un moyen spécifique de se suicider ?
  • A-t-il établi un plan ?
  • A-t-il entrepris des démarches concrètes en ce sens ?


Ce type d’investigation permet d’approcher ce que le Dr Shea nomme l’intention réfléchie : une estimation plus fiable de la probabilité réelle de passage à l’acte.

Une question qui change tout


Lors d’un atelier de formation, Kim Vindler, assistante sociale, a partagé une question simple mais particulièrement utile :

Quand je travaille avec des personnes ayant fait une overdose médicamenteuse, après avoir recueilli le nombre de comprimés ingérés, je demande :
Combien de pilules pensiez-vous qu’il faudrait pour mourir ?

Cette question vise à évaluer la connaissance, la planification et l’intentionnalité derrière l’acte. La réponse verbale est importante — mais la communication non verbale qui l’accompagne (hésitation, évitement du regard, ton de voix…) peut souvent en dire bien plus.

C’est un outil précieux, tant en pratique clinique qu’en formation à l’entretien psychiatrique.


Source : https://suicideassessment.com/resources/interviewing-tips/an-intriguing-method-for-uncovering-the-depth-of-suicidal-intent/